Accession à la propriété: penser à la classe moyenne!

 | Paru dans Entreprise romande  | Auteur : Véronique Kämpfen

Cinquante-deux pour cent des Genevois veulent devenir propriétaires. C’est ce que révèle une étude menée par Joaquin Fernandez, mandaté par la Chambre genevoise immobilière (CGI). La classe moyenne genevoise – soit les ménages dont le revenu brut se situe entre 4501 et 15 000 francs par mois, selon l’Office fédéral de la statistique – a été sollicitée pour savoir quelle est son attente par rapport à l’accession à la propriété. En résumé, elle souhaite être propriétaire pour des raisons financières – investissement à long terme, constituer un patrimoine familial –, mais surtout pour se sentir chez soi. Malgré cette forte demande, il n’y a que 17% de propriétaires à Genève, contre 33% dans le reste de la Suisse. L’étude révèle un important biais de perception. Les personnes interrogées pensent que l’achat d’un logement à Genève dépasse leurs ressources financières. Chiffres à l’appui, la CGI montre que la réalité des prix d’un logement en zone de développement – soit 75% des nouvelles constructions – se situe en-dessous de ce qu’imaginent les Genevois: ils estiment le prix d’un 5 pièces de 105 m2 en propriété par étage (PPE) à 800 000 francs, alors que la moyenne se situe à 630 000 francs. Le besoin en fonds propres est à l’avenant.

La bonne nouvelle, c’est que l’accès à la propriété en zone de développement n’est pas totalement impossible, même si la question des fonds propres reste épineuse. De plus, grâce aux taux hypothécaires très bas que l’on peut fixer à long terme, le propriétaire paie en moyenne moins qu’un locataire, sans prendre de risques. La mauvaise nouvelle, c’est que Genève ne construit pas assez de PPE en zone de développement. Pour un appartement mis sur le marché, plus de vingt demandeurs solvables déposent leur dossier. L’offre ne correspond donc en rien à la demande. Que faire?

Accélérer les procédures d’autorisation de construire est indispensable. Cela passe par la numérisation des documents à fournir. Au XXIe siècle, Genève en est encore aux procédures papier, ce qui représente une perte de temps et d’argent inouïe. Ensuite, il faut davantage impliquer les communes dans les projets de construction. Elles sont les mieux à même d’intégrer harmonieusement les nouveaux projets sur leur territoire, ce qui éviterait de nombreux blocages. Enfin, il faut favoriser l’accès à la propriété, en étant attentif à la mixité lors de la construction de zones de développement pour favoriser la cohésion sociale. A titre d’exemple, le futur quartier Praille-Acacias-Vernets est prévu avec 62% de logement social. Une proportion qui ne correspond pas à la réalité de la demande en logement à Genève. Il est temps d’écouter les besoins de la classe moyenne et de lui donner les moyens de s’épanouir à Genève.


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