Bonnes fêtes!

 | Paru dans Entreprise romande  | Auteur : Véronique Kämpfen

Si l’année 2019 a largement été placée sous le signe de la réforme de l’imposition des entreprises, 2020 sera consacrée à un autre dossier d’importance: la réforme de l’AVS. Lorsque cette assurance sociale a été créée, en 1948, il y avait sept actifs pour un rentier, dont l’espérance de vie n’était que de 67 ans. En 2015, il y avait trois actifs pour un rentier, qui vivait en moyenne jusqu’à 83 ans. En 2040, il n’y en aura plus que deux, alors que l’espérance de vie aura augmenté à 87 ans. Cette réalité doit nous alerter. Le problème est double. Non seulement il n’y a plus assez d’actifs qui cotisent pour payer les rentes, mais le temps de vie après l’âge de la retraite est passé de deux ans à plus de vingt. Vouloir maintenir coûte que coûte le système actuel est logiquement impossible, ce d’autant plus que, depuis 2014, les cotisations AVS ne couvrent plus la totalité des rentes.

Augmenter l’âge de la retraite semble être une évidence, dont on a l’impression qu’elle est difficile à être acceptée. Pourtant, 40% des 50 à 64 ans souhaitent travailler au-delà de l’âge de retraite. Cela représente 580 000 travailleurs, soit presque 14% des actifs du pays. Seuls 5% d’entre eux souhaitent le faire à plein temps. Ces chiffres plaident en faveur d’un âge de retraite flexible. C’est une des propositions du projet AVS 21, actuellement en discussion aux Chambres fédérales. Ce projet envisage aussi une harmonisation de l’âge de la retraite à 65 ans pour les femmes et les hommes, ce qui était la situation initiale en 1948. Des mesures compensatoires sont prévues. De plus, des incitations à travailler au-delà de l’âge de la retraite sont en discussion, tout comme un relèvement de la TVA.

Sur le plan du deuxième pilier, trois propositions de réforme ont été présentées. Le Conseil fédéral, qui soumet son point de vue ces jours, a annoncé vouloir d’abord mener à bien la réforme de l’AVS. Il faut rappeler que le législateur a voulu la création du deuxième pilier pour qu’il complète le premier jusqu’à atteindre environ 60% du dernier revenu obligatoirement assuré. Cette assurance sociale a la particularité d’être paritaire. Les caisses de pension sont donc gérées conjointement par le patronat et par les syndicats. C’est une de ses grandes forces. Que ce soit dans le premier ou dans le deuxième pilier, les clés pour le futur sont la flexibilité – les assurés veulent choisir eux-mêmes l’âge auquel ils partent à la retraite; la simplicité – pour que la population adhère au système de retraite, il faut qu’elle le comprenne; la prévisibilité – pour que cessent les oiseaux de mauvais augure qui prétendent que le système va s’écrouler. Il est solide et capable de tenir dans la longueur, à la condition d’être réformé.

A toutes et à tous, je souhaite de très belles fêtes de fin d’année, une agréable lecture de notre magazine, qui vous invite à plonger dans les couleurs de l’économie, et un magnifique début de 2020!