Ce qu’il faut savoir pour maîtriser les règles d’un jeu pas si virtuel

 | Paru dans Entreprise romande  | Auteur : Flavia Giovannelli
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Le e-commerce? La plus petite PME locale peut ainsi toucher des marchés situés au bout du monde. Facebook, LinkedIn,Twitter? Ils permettent de bien réseauter, d’être présent partout, tout le temps. Il faut néanmoins bien comprendre les règles du jeu digital, faute de quoi la démarche s’apparente à jeter une aiguille dans une botte de foin. Avoir un site web pour soigner son image est certes une base, mais celui-ci doit être visible. Pistes et témoignages en guise de mode d’emploi.

Dans le monde digital, mieux vaut avoir affiné la préparation avant de se lancer dans la réalisation. Spécialiste des médias sociaux chez Vocables, Virginie Tulik précise: «Il faut toujours respecter les bases fondamentales de la communication. Pour qui? Pourquoi? Quand? Comment? Avec quel budget?». Sur les réseaux sociaux, «il faut être pertinent et prudent. Facebook, par exemple, est semblable à une fête au village: pour être entendu, il faut parler fort, mais le risque existe de se faire huer par le public, soit de recevoir une avalanche de mauvais commentaires». Quelques conseils.

Définir sa stratégie

C’est la première et indispensable condition, qui ressemble à l’élaboration d’un modèle d’affaires. Quels que soient la taille de l’entreprise et son domaine d’activité, il convient de définir ce qu’on veut faire sur le net, en fixant des objectifs à court ou à moyen terme. Par exemple: une école, active dans le domaine de l’environnement, souhaite proposer des cours destinés à des femmes de 30 ans à 50 ans, actives en milieu rural, entre Genève et Vaud. Grâce aux outils numériques, il est possible de préciser et de quantifier ce public-cible, et d’y adapter sa démarche. Autre cas: une PME compte lancer un produit pour les jeunes adeptes de jeux vidéo. La campagne pourra être adaptée à leurs goûts, en s’appuyant sur Facebook, sur des sites, des blogs et des forums autour de cette thématique.

Qui pour agir?

Tout dépend du budget et de son degré de connaissances des outils numériques. Un responsable de PME, s’il est capable d’apporter le contenu, doit estimer le temps nécessaire à cette tâche, sans la minimiser: la démarche demande de la constance et s’avère chronophage. Ecrire une lettre d’information électronique, animer un blog ou une communauté, cela requiert plusieurs heures d’investissement par jour. A chacun de savoir ce qu’il est prêt à faire et à déléguer.

Apparence du site

Pour qui débute, la règle est la prudence: rester simple et direct. Un site d’une ou deux pages, s’il est bien fait, s’avère une carte de visite suffisante. Il faut toujours se mettre à la place de l’internaute dans sa conception: une fois sur le site, qui doit fonctionner parfaitement, il doit pouvoir s’y retrouver facilement. Une des clés pour y parvenir est le facteur humain: présentation de son entreprise et des personnes qui y travaillent, par exemple. En matière de création graphique, les prix ont beaucoup baissé, et il est inutile de prévoir des sommes faramineuses pour un design incroyable si le site reste invisible. Ce qui renvoie à la question du budget alloué à une démarche globale de webmarketing.

Le budget, nerf de la guerre

Prévoir, par exemple, un tiers pour la création du site proprement dit, un autre tiers pour les campagnes de promotion du site et le dernier tiers pour la gestion des outils, comme le défraiement d’un webmaster ou d’un community manager. Le choix de savoir s’il doit être interne ou externe relève de la stratégie de l’entrepreneur. Il faut être conscient que rien n’est gratuit sur internet: soit on y met de l’argent, soit on investit de son temps.

Référencement

Faut-il payer pour être bien référencé ou se contenter du référencement naturel? Virginie Tulik avertit: «L’optimisation du référencement, soit le SEO (search engine optimisation) est un métier du web à part entière. Il faut apprendre à «parler» aux robots responsables du positionnement d’un site sur un moteur de recherche, souvent Google: trouver les bons mots-clés, par exemple, qui vont attirer de la fréquentation». L’achat de mots-clés, notamment sur Google Adwords, permet de gagner du temps; cela vaut peut-être la peine d’y consacrer une partie de son budget.

Utilisation des réseaux sociaux

  • LinkedIn est le réseau social Business to Business par excellence. Il peut être utilisé pour prospecter, pour recruter, pour entretenir son réseau professionnel. On ne parle pas de ses dernières vacances sur LinkedIn!
  • Facebook permet, moyennant un budget raisonnable, de communiquer de manière ciblée. La principale difficulté consiste à créer une communauté et à la fidéliser. Tous les spécialistes en médias sociaux s’accordent à dire qu’il vaut mieux avoir des suiveurs ciblés que nombreux. L’achat de fans n’est pas recommandé.
  • Twitter est un réseau social de communication quasiment télégraphique et presque instantanée. Les hashtags (#) s'y sont développés, outils de transmission de pensées et de photos. «Les réseaux sociaux sont des médias à part entière. On ne communique ni de la même manière ni à la même fréquence sur Facebook, sur LinkedIn ou sur Twitter», conclut Virignie Tulik.

Les vertus du e-commerce

«J’ai envie de trouver des clients sur internet, mais quels outils dois-je utiliser?», s’interrogent de nombreuses personnes. Or, la première question doit être de savoir si le produit ou le service proposé possède un potentiel et, surtout, si le e-commerce sera intéressant en termes de retour sur investissement. L’entrepreneur doit créer une offre irrésistible grâce à un argument clé (unique selling proposition). Une solution consiste à mettre à la disposition des internautes des guides sur son thème d’expertise, à délivrer des conseils ou tout ce qui permettra de générer du trafic. Inutile, tant que le site est confidentiel, de se lancer. «Personne n’ouvre une boutique au milieu d’une forêt», résume de manière lapidaire Virgnie Tulik. Il faut être présent sur les réseaux sociaux et savoir capter l’attention avant de susciter l’acte d’achat.

Toutes sortes de formules sont possibles: une offre premium pour créer un contact, une offre d’entrée de gamme pour créer un premier rapport commercial et/ou personnaliser la proposition. Le secret de la réussite est d’identifier les carrefours d’audience et le parcours d’achat de ses clients. En effet, 98% des visiteurs d’un site web repartent sans acheter et sans donner d’informations sur eux-mêmes. Il est donc important de récupérer des coordonnées de contact avant que le visiteur ne quitte le site pour aller visiter la concurrence. Il faut, là aussi, cultiver la cohérence et donner confiance au client



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