Conseil d'administration de l'OIT: Blaise Matthey élu membre adjoint

7 juillet 2017  | Paru dans Entreprise Romande
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La 106e session de la Conférence internationale du travail s’est tenue à Genève du 5 au 16 juin. Dans ce cadre, des élections ont eu lieu pour désigner les gouvernements représentés et les membres employeurs et travailleurs du Conseil d’administration de l’Organisation internationale du travail (OIT). A ces titres, la Suisse a été élue gouvernement représenté et Blaise Matthey membre adjoint. Rapide tour d’horizon de la conférence.

La Conférence internationale sur le travail s’est tenue la semaine dernière à Genève. A quoi sert-elle?

Conférence est une réunion tripartite qui permet de discuter de l’évolution globale du monde du travail, du respect des principes et des droits fondamentaux au travail, de la notion de travail décent, de la couverture sociale et du dialogue social. Ce sont les quatre missions fondamentales de l’OIT. C’est la seule organisation de l’ONU qui fonctionne sur une base tripartite Etat-employeurssyndicats. Cela lui donne une très forte légitimité. Cette année, nous avons eu une discussion sur les principes et les droits fondamentaux au travail. Elle a permis de faire le point sur le travail de l’organisation dans ce domaine et de mesurer les progrès accomplis. Les employeurs ont beaucoup insisté, et fait modifier les conclusions en ce sens, pour que les grands principes soient traduits sur le terrain avec une approche du bas vers le haut. D’autres discussions ont eu lieu sur la migration de maind’oeuvre et sur l’emploi et le travail décent pour la transition vers la paix. Je rappelle enfin que la commission de l’application des normes examine de nombreux cas de violation des dispositions des conventions fondamentales relatives au travail. C’est une commission qui a un poids certain pour contraindre les Etats à respecter leurs engagements en la matière.

Qu’attendiez-vous des discussions de ces dix jours?

Dans un monde globalisé, elles permettent de mesurer les différences existant entre les pays sur les thèmes que j’ai évoqués, de connaître leurs préoccupations et d’élaborer des solutions qui tiennent compte de ces deux éléments. Il me paraît essentiel que les principes fondamentaux soient respectés partout dans le monde; il faut aider les Etats et les organisations patronales et syndicales à construire un dialogue ouvert, fondé sur la bonne foi et le respect des parties. C’est une affaire de dignité universelle, autant que d’égalité de concurrence sur des valeurs que chaque pays considère comme fondamentales. La Conférence permet de voir comment l’action de l’OIT s’est déployée et à quelles difficultés concrètes elle se heurte.

Maintenant, et c’est heureux, au sein de ce cadre, il y a des différences, mais il faut voir ce qui est acceptable et ce qui ne l’est pas.

La Suisse a été élue gouvernement représenté et vous-mêmes membre adjoint au Conseil d’administration de l’OIT. Qu’est-ce que cela signifie?

Ces places, qui sont rares, permettent à la Suisse d’assurer une présence internationale dans l’enceinte la plus importante pour le monde du travail, celle qui oriente le travail de l’OIT et qui analyse ses résultats. Pour un petit pays, c’est un honneur, une chance et un devoir, ce d’autant que comme pays hôte, il a des responsabilités particulières, liées aux problèmes qui pourraient se poser dans la relation avec l’organisation.

Plus concrètement, cela lui permet de discuter des grandes orientations de l’OIT, de la pertinence de son action et de participer aux décisions sur son budget, sans parler de la nomination de son directeur général. Guy Ryder, qui occupe cette fonction, vient d’être réélu pour un nouveau mandant de cinq ans commençant cet automne.


 


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