Crise sanitaire: Transformation du travail accélérée

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En publiant son rapport sur l’emploi pour 2020, le World Economic Forum replace dans le contexte général le thème de la mutation des emplois. Avec la récession qui sévit à l’échelle mondiale, tout va plus vite concernant les tâches qui vont être exécutées grâce à l’intelligence artificielle.

Malgré les incertitudes qui règnent actuellement sur tous les marchés, le World Economic Forum (WEF) a émis ses scénarios concernant l’avenir des emplois et des compétences, en se penchant plus particulièrement sur le cas de vingt-six pays avancés et émergents. Pour les auteurs de ce rapport, qui se sont fondés sur l’analyse quantitative et qualitative de données, le rythme de l’adoption de la technologie devrait s’accélérer dans certains domaines. Une grande part des entreprises s’attend également à apporter des modifications aux sites, à leurs chaînes de valeur et à la taille de leur main-d’oeuvre en raison de facteurs autres que la technologie au cours des cinq prochaines années. Toutefois, il n’y aura sans doute pas de transfert direct entre les emplois perdus et ceux du futur.

D’ici à 2025, le temps consacré aux tâches actuelles au travail par les humains et les machines sera égal. Ayant sondé un panel d’entrepreneurs, le WEF estime que quatre-vingt-cinq millions d’emplois pourraient être transférés aux machines, tandis que nonante-sept millions de nouveaux rôles pourraient émerger, plus adaptés à la nouvelle division du travail entre les humains, les machines et les algorithmes. 

Toujours selon ce rapport, les employeurs privilégieront d’ici à 2025 les emplois qui seront fondés sur la pensée critique, l’analyse et la résolution de problèmes, l’apprentissage actif, la résilience, la tolérance au stress et la souplesse. En moyenne, les entreprises estiment qu’environ 40% des travailleurs auront besoin d’une requalification de six mois au moins; 94% des chefs d’entreprise déclarent s’attendre à ce que les employés acquièrent de nouvelles compétences au travail. L’évolution est particulièrement nette par rapport à ce qu’ils avaient déclarés en 2018, selon le WEF.

TRAVAIL À DISTANCE CONFIRMÉ

S’agissant de la numérisation des processus de travail, comme attendu, le rapport relève qu’une grande majorité d’employeurs aura davantage recours au travail à distance - la part de main-d’oeuvre concernée s’élève à 44% des emplois. 

Pour répondre aux préoccupations concernant la productivité et le bien-être, environ un tiers de tous les employeurs s’attend à prendre également des mesures pour créer un sentiment de communauté, de connexion et d’appartenance parmi les employés grâce aux outils numériques et pour relever les défis de bien-être posés par cette évolution.

Comme l’avait fait l’Organisation internationale du travail, le WEF avertit toutefois que les inégalités risquent d’être exacerbées dans un tel environnement, avec le double impact de la technologie et de la récession pandémique. Les emplois occupés par des travailleurs à bas salaire, des femmes et des jeunes travailleurs ont été plus profondément touchés dans la première phase de la contraction économique. En comparant l’impact de la crise financière mondiale de 2008 sur les individus moins scolarisés à l’impact de la crise du Covid-19, celui-ci est aujourd’hui beaucoup plus significatif et plus susceptible d’aggraver les inégalités existantes. 

Le WEF préconise donc d’engager des actions proactives pour éviter un embrasement social. Autre constat intéressant, les auteurs du rapport relèvent que l’apprentissage et la formation en ligne sont en hausse, avec des opportunités différentes pour ceux qui ont un emploi et ceux qui sont au chômage.

PLUS SI FACILE

La possibilité de recycler et d’améliorer les compétences des travailleurs s’est raccourcie sur le marché du travail. Ce constat s’applique à tous ceux qui devraient conserver leurs fonctions ainsi qu'à ceux qui risquent de perdre leur rôle en raison de la hausse du chômage. Avec les risques de récession, ils ne peuvent plus espérer se recycler aussi facilement que dans le passé. 

Ceux qui seront épargnés verront d’ailleurs la moitié de leurs compétences de base se modifier au cours des cinq prochaines années. Environ 4% des employés devront se requalifier


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