Déplacements du futur: une solution pour Genève?

 | Paru dans Newsletter FER Genève  | Auteur : Véronique Kämpfen
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Conversation entendue cette semaine au salon de coiffure. Le coiffeur: «On ne peut plus rouler à Genève. Vivement la traversée du lac!» Rire narquois de la cliente: «Si on en voit la couleur un jour…» La traversée du lac est l’un des symboles autour desquels se cristallisent les frustrations des Genevois en matière de mobilité.

Elle fait sans surprise partie des préoccupations majeures de la population. Le sentiment de piétiner, au propre comme au figuré, agace. A l’heure où les moyens les plus évidents, comme la construction d’un métro, ont échoué depuis belle lurette à Genève, certains entrepreneurs audacieux imaginent un futur où se déplacer deviendrait de plus en plus rapide et de moins en moins polluant.

Ainsi, l’entreprise SeaBubbles travaille à la réalisation d’un bateau-taxi ultra rapide, peu gourmand en énergie grâce à des foils – aileron incurvé placé sous une coque permettant à un bateau de s'élever sur l'eau – et actionné par des batteries. Un bateau-bus fonctionnant de la même façon est en gestation. Dans les airs, plusieurs entreprises développent des taxis drones, dont Volocopter, en Allemagne, qui a levé 30 millions d’euros auprès de Daimler ou encore Uber, qui travaille avec la Nasa sur un concept similaire.

D’autres, notamment Airbus et Italdesign, ambitionnent de faire coïncider terre et air et développent des voitures pouvant décoller comme un hélicoptère – donc sans élan – puis voler comme un avion, grâce à des ailes qui se déplient.

Le plus grand risque de ces projets n’est pas leur réalisation technique. De ce côté-là, les feux semblent largement au vert. La difficulté pourrait venir d’un surcroît de réglementation, rendant leur utilisation au quotidien largement impossible. Au-delà des restrictions administratives, comme l’interdiction de vol à proximité d’un aéroport, on peut s’interroger: après des routes saturées, rêvons-nous d’un ciel ou d’un lac encombrés? Pas sûr. Autre pierre d’achoppement: la sécurité. La plupart de ces engins sont pensés pour se déplacer sans conducteur.

A l’heure où une voiture autonome d’Uber a tué une piétonne en la renversant, de nombreuses questions d’éthique et de responsabilité se posent. La mobilité à Genève est une question clé pour le bien-être de ses habitants et pour la prospérité de ses entreprises. On ne peut que se réjouir de toutes les avancées technologiques qui permettraient de fluidifier les déplacements. Entre espoir et utopie, une chose est certaine: les efforts entrepris pour créer une mobilité moins polluante, tant d’un point de vue des émissions de gaz que du bruit, sont à soutenir.


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