Des robots pouvant "ressentir la douleur"

 | Paru dans Entreprise romande  | Auteur : Pierre Cormon
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Un projet financé par l’Union européenne vise à mettre au point des robots pouvant détecter les fissures qui pourraient apparaître dans leur matériau et à les réparer eux-mêmes. Des Suisses y participent.

Cinq partenaires européens, dont l’institut interdisciplinaire de recherche pour les sciences des matériaux et le développement de technologies du domaine des Ecoles polytechniques fédérales (EMPA), cherchent à développer des robots pouvant s’apercevoir qu’ils ont été endommagés – «ressentir de la douleur», comme l’imagent les chercheurs – et se réparer eux-mêmes. Ils ont reçu trois millions d’euros de la commission européenne pour mener à bien ce projet, intitulé SHERO (pour self-healing robots) et dirigé par la Vrije Universiteit Brussel.

Pourquoi veut-on que les robots puissent «ressentir de la douleur»? Parce qu’ils devraient être de plus en plus nombreux à s’activer aux côtés des humains, dans la vie quotidienne, comme le font déjà les robots interactifs dans certains EMS. Ils devraient également les aider dans des tâches quotidiennes telles que le ménage. Or, leurs fonctions impliqueront une conception différente.

«Beaucoup de robots de la prochaine génération seront construits dans des matériaux flexibles, de manière à leur permettre de manipuler des objets fragiles avec dextérité et de garantir la sécurité des personnes», remarque l’EMPA dans un communiqué. «Comme ils ne sont pas durs, ils ne peuvent pas blesser les humains. Cela signifie qu’ils sont particulièrement vulnérables à des fissures causées par des objets tranchants qui sont présents tout autour de nous.» Or, envoyer un robot en réparation peut prendre beaucoup de temps et coûter cher. Le projet veut donc mettre au point des matériaux souples (plastiques) et des technologies permettant aux robots de se réparer eux-mêmes.

«Ces dernières années, nous avons déjà fait les premiers pas dans la création de matériaux autoréparants pour les robots», explique Bram Vanderboght, de la Vrije Universiteit Brussel. «Nous allons utiliser l’apprentissage automatique (machine learning) pour travailler à la modélisation et à l’intégration de ces matériaux autoréparables, pour inclure des déclencheurs autoréparants et des senseurs, un mécanisme de détection des dommages et de localisation et une réparation contrôlée», ajoute Thomas George Thurutel, de l’Université de Cambridge, l’un des partenaires du projet. Ces réparations seront temporaires ou définitives, selon les cas. Les senseurs et déclencheurs flexibles seront développés à l’EMPA. Outre l’EMPA, Cambridge et la Vrije Unviversiteit, le projet implique encore l’Ecole supérieure de physique et de chimie industrielles de la Ville de Paris et le fabricant de polymères néerlandais SupraPolix. Il va durer trois ans.


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