Digitalisation, emploi et nouvelles compétences

 | Paru dans Newsletter FER Genève  | Auteur : Olivier Sandoz

De très nombreuses innovations ont un impact sur nos économies. Digitalisation, robotisation, big data, drones, impression 3D, blockchain, chatbot ne sont que la surface visible de ces changements.

Des études existent sur la question et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’elles sont contradictoires. Ainsi, le World Economic Forum (WEF) prédit, en raison de l’automatisation, une perte de plus de cinq millions d'emplois d’ici à 2021, compensée en partie par la création de 2,1 millions d’emplois de filières techniques. Frey & Osborne, en 2013, prédisaient que 47% de tous les emplois pourraient être remplacés par des ordinateurs ou des algorithmes au cours des dix à vingt prochaines années aux Etats-Unis et dans d’autres pays avancés. Cette prévision date d’il y a cinq ans, et ce n’est pas encore la bérézina… Ce qui tendrait à accorder davantage de crédit à une étude de l’OCDE, qui a rendu en 2016 un rapport avec des conclusions nettement moins inquiétantes: dans ses vingt-et-un pays membres, 9% des emplois en moyenne seraient automatisables. Enfin, Manpower, après avoir interrogé plus de vingt mille employeurs dans quarante-deux pays, vient de publier une étude qui montre que certaines tâches, les plus routinières, sans vraie valeur ajoutée, devraient disparaître. Cela concernera notamment les professions administratives, de bureau, de comptabilité.

Sur le long terme, Manpower se garde bien de faire des prévisions, ce qui est plutôt sage, au vu des incertitudes. En revanche, à court terme, et c’est une bonne nouvelle, l’étude montre que 86% des employeurs dans le monde (91% en Suisse) prévoient de maintenir ou d’augmenter leurs effectifs dans les deux ou trois prochaines années. Mais comme les besoins en compétences évoluent vite, ils ne savent pas encore desquelles ils auront encore besoin dans dix-huit mois. C’est pourquoi Manpower appelle à l'évolution des compétences. Aux entreprises d'identifier celles qui assurent des voies de carrière claires, de la formation jusqu'au premier emploi, puis d'un poste à un autre.

Développer des savoirs numériques sera nécessaire, mais acquérir des compétences humaines sera tout aussi essentiel. Parmi elles, la capacité à collaborer, l'aptitude à communiquer, à l'écrit comme à l'oral, la faculté de raisonner pour résoudre des problèmes, d'établir des relations. Sans oublier l'empathie, la curiosité, le désir d'apprendre. Pour Manpower, les points forts de l’humain dans la révolution des compétences se résument par l’équation suivante: soft skills + compétences techniques + compétences digitales = le mix gagnant.

Parce qu’il est essentiel que les entreprises prennent dès aujourd’hui la mesure de la révolution technologique et numérique, la FER Genève a choisi ces thèmes pour animer l’année de son 90e anniversaire – à suivre sur https://fer-ge-90ans.ch. Le but? Que ses entreprises membres puissent se plonger dans cet univers et en tirer des enseignements pour leur propre domaine d’activité. C’est un vrai défi, et aussi de réelles opportunités.

 


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