Économie américaine: pour prolonger l'élan

 | Paru dans Newsletter FER Genève

Mille cinq cents milliards sur dix ans: c’est le volume global théorique des baisses d’impôts voulues par l’administration Trump.

Ce stimulant s’applique sur une économie en assez bonne forme. Avec une croissance à 2,2% en 2017 contre 1,5% en 2016, l’investissement est déjà reparti en 2017. La baisse du dollar embellit l’export. L’aménagement fiscal prévu va favoriser les investissements futurs. Si les besoins d’équipements existent bel et bien outre-Atlantique, l’économie nationale n’est pas encore prête à y répondre: ils constituent 30% des importations des Etats-Unis. En 2018-2019, le gouvernement américain devra sans doute modérer ses intentions protectionnistes.

«Les nouvelles mesures fiscales pourraient bénéficier à certaines entreprises plus qu’à d’autres. Les secteurs de l’industrie, de l’énergie et de la consommation discrétionnaire pourraient être privilégiés compte tenu de leur taux d’imposition», observe-t-on à la banque Edmond de Rothschild. A plus long terme, il s’agit de savoir si les entreprises seront suffisamment équipées pour répondre au projet d’investissements de mille milliards de dollars visant à rénover les infrastructures du pays.

Du côté des ménages, les choses sont moins précises, si l’on tient compte du maquis des déductions fiscales supprimées et des tranches de barème d’impôts visées. Selon les experts, la consommation ne serait poussée que de 0,1 à 0,3% en 2018. Le retour de la croissance et le niveau bas du chômage ont déjà produit des effets positifs. Le bonus fiscal pourrait cependant amortir en partie le réveil de la hausse des prix, du moins provisoirement.

Derrière le dispositif, il y a une volonté politique de réaffirmer une puissance américaine, alors que la croissance économique mondiale est d’abord influencée par la Chine et les pays émergents. Les décisions fiscales de Washington sont de nature procycliques, c’est-à-dire qu’elles visent à prolonger le long cycle économique du pays perceptible depuis 2011. Avec une profitabilité renforcée pour raison fiscales, les entreprises américaines devraient connaître de beaux jours en bourse. La grande incertitude reste cependant domestique, avec de nouvelles difficultés budgétaires au niveau fédéral. La chute des rentrées fiscales n’arrangera rien, les coupes dans les dépenses publiques ne suffisant pas à améliorer durablement les comptes.

 


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