Europe: cabotage en question

 | Paru dans Newsletter FER Genève  | Auteur : Maurice Satineau

Et si la trajectoire des camions changeait? C’est le projet de l’Union européenne, prise entre la concurrence acharnée des transporteurs et un besoin de fluidité dans la livraison des marchandises.

L’Espagne, la Bulgarie, le Portugal, la Bulgarie ne veulent plus de règles trop strictes, au contraire de la France, de la Belgique, de l’Italie et de l’Allemagne, sur la défensive. La Commission européenne propose de modifier la règle en vigueur sur le nombre de cabotages: de trois cabotages, soit trois opérations de transport supplémentaires (en plus de l'opération ayant justifié le déplacement du poids lourd) effectués par un poids lourd dans différents pays de l'UE en sept jours, le projet de réglementation prévoit un nombre de cabotages illimité dans un délai de cinq jours.

A l’origine, en 2009, le cabotage avait été autorisé pour éviter les trajets à vide et préserver l’environnement; une décennie plus tard, il pourrait accroître la pression sur les routes du continent. Il n’y a pas d’entente entre les membres de l'UE sur la notion de journée de travail et sur le nombre d'heures auquel elle se réfère. Or, le calcul des heures est essentiel pour délimiter le droit d’agir sur les routes du voisin. De plus, où commence le trajet de retour, dès lors que le camionnneur peut travailler intensément durant cinq jours après la première livraison hors de ses frontières nationales? Il faut également encore réglementer l’accès aux ports et aux gares, qui échappe largement aux textes communautaires.

Autre point de vif débat: le repos des conducteurs. Le Danemark et la République tchèque estiment qu’il peut se faire dans la cabine. Les Pays-Bas ont même un plan pour une série de parkings dédiés dotés de toutes les commodités. La Belgique préfèrerait un arrêt dans une vraie auberge, à la charge de l’employeur. Combien de temps avant le retour à la maison? Trois semaines selon l’Allemagne et six selon la Bulgarie.

A partir de l’été 2019, les utilitaires de plus de 3,5 tonnes seront progressivement équipés de chronotachygraphes de nouvelle génération avec liaison satellite pour suivre toutes les données des voyages en temps réel. L’un des problèmes majeurs reste cependant le coût. Ramené à l’heure de conduite, il atteignait 25 euros l’an passé en Allemagne, avec 86% de la rémunération soumis aux cotisations sociales. Pour la Roumanie, les chiffres étaient respectivement de 10 euros et 31%.


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