Imposition des entreprises: rester compétitif!

 | Paru dans Entreprise Romande  | Auteur : Véronique Kämpfen
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Le gouvernement genevois va bientôt présenter sa vision de la réforme de l’imposition des entreprises. La tâche est ardue. Avec un référendum annoncé au niveau fédéral de la part d’une coalition de gauche, dont de nombreux acteurs genevois, les attentes sur le projet du bout du lac sont élevées.

Quelle que soit la manière dont le projet genevois sera ficelé, il faut tordre le cou à un argument récurrent des opposants à cette réforme. Non, il ne s’agit pas d’un cadeau fait aux grandes entreprises multinationales, actuellement au bénéfice de statuts fiscaux! Le prétendre est un mensonge. Elles verront au contraire leur imposition sur le bénéfice augmenter, passant d’une imposition de 11,6% en moyenne à, probablement, un taux compris entre 13,5% et 14%. C’est-à-dire une augmentation de 20,7%. Ce sont les entreprises imposées au taux ordinaire de 24,2% qui verront leurs impôts baisser de 42%. Rappelons que les multinationales représentent 30% des emplois du canton, sans parler des emplois indirects. Deux postes sur trois ont été créés ces dernières années dans ces entreprises. Si elles tournaient les talons, cela pénaliserait durement les habitants de ce canton. Parce que, contrairement à une autre idée reçue, les entreprises multinationales engagent encore davantage de résidents genevois que les PME. On est loin de l’image du collaborateur uniquement anglophone ou frontalier que certains se plaisent à décrire.

On peine aussi à comprendre les arguments des opposants quant au lien entre la réforme de l’imposition des entreprises et l’AVS. Cette association inédite ramène deux milliards de francs dans les caisses de l’AVS dont, faut-il le rappeler, le compte d’exploitation hors résultat des placements est déficitaire depuis 2014, avec un écart grandissant année après année. Pour faire face à ce premier défi de financement de notre système des retraites, on ne peut qu’applaudir des deux mains la proposition. Bizarrement, le comité référendaire craint que ce soit la porte ouverte à l’augmentation de l’âge de la retraite des femmes, alors que le projet permet précisément d’éviter cette question à ce stade.

Sur l’imposition des entreprises, deux visions de l’économie et de la société s’affrontent. Nous verrons prochainement si elles sont conciliables à Genève. Quel que soit le projet qui sera finalement présenté, il est urgent de le mettre rapidement en application. Le canton de Vaud imposera non seulement ses entreprises à 13,79% dès le 1er janvier 2019, mais il a également annoncé cette semaine une baisse de l’imposition des personnes physiques à compter de 2021. La concurrence fiscale est une réalité à laquelle on n’échappe pas et face à laquelle on doit agir pour demeurer compétitif.


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