Initiatives pour juguler la hausse des primes maladies

 | Paru dans Newsletter FER Genève  | Auteur : Véronique Kämpfen

Les Genevois en ont marre de leurs primes maladie. Ce sont les plus chères de Suisse, une tendance en augmentation constante.

Avoir un des meilleurs systèmes médicaux au monde coûte très cher et, vieillissement de la population oblige, la situation semble sans issue. Des initiatives populaires fleurissent ainsi pour tenter de juguler l’inflation. A Genève, nous voterons en février sur l’une d’entre elles, intitulée Pour une caisse d’assurance maladie et accidents genevoise publique à but social. Les initiants font le constat du manque de transparence des caisses maladie et de la difficulté à établir un lien clair entre les augmentations des primes et l’augmentation des coûts de la santé. Ils critiquent le montant des réserves, qui excède souvent le pourcentage exigé par la loi et l’argent utilisé pour des campagnes publicitaires. Leur solution? Créer une caisse publique pour offrir des primes moins chères. Hélas, la solution préconisée n’est pas la bonne.

En effet, cette caisse – dont la mise en place serait à la charge du canton – se rajouterait aux trente-six caisses officiant déjà à Genève. Elle serait soumise aux mêmes contraintes: disposer de réserves suffisantes lors du dépôt de la demande d’autorisation de pratiquer l’assurance maladie, soit au moins 8 millions de francs, et continuer à constituer des réserves tout au long de son existence. Ses tarifs seraient aussi soumis à l’approbation de l’autorité de surveillance et, si elle attirait trop de mauvais risques, elle serait obligée d'augmenter ses réserves et, donc, ses primes. Dans ces conditions, réussir à proposer de manière pérenne des primes moins chères semble illusoire.

Trois autres initiatives sont en cours d’examen, qui tentent de prendre le taureau par les cornes. La première est cantonale, intitulée Pour des primes d’assurance maladie plafonnées à 10% du revenu du ménage. Sans plafond, son coût s’élèverait à 450 millions de francs, à ajouter aux subsides cantonaux actuels, qui se montent à 335 millions. Coûts totaux: 785 millions de francs par année. Avec l’augmentation annuelle des primes et l’augmentation de la population à Genève, elle représente un gouffre financier. Les deux autres sont fédérales et visent à améliorer plus largement le système. L’une s’intitule Assurance maladie. Pour une liberté d’organisation des cantons.

Ces derniers pourraient créer une institution cantonale d’assurance maladie chargée de fixer les primes et de les percevoir. Les assureurs continueraient à effectuer leur travail administratif et seraient indemnisés pour ce faire. Les réserves de tous les assureurs seraient mutualisées et gérées au niveau du canton. Idée intéressante, à analyser sérieusement. La dernière initiative ne laisse pas de place au doute. Intitulée Pour un Parlement indépendant des caisses-maladie, elle met le doigt sur une réalité troublante: quinze Conseillers nationaux sur les vingt-cinq siégeant à la Commission fédérale de la santé font partie de conseils d’administration de caisses-maladie. Difficile de travailler en toute indépendance.


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