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L’autodétermination en 1291

 | Paru dans Blog FER Genève  | Auteur : Pierre Cormon

1er août 1291. Trois hommes se réunissent sur la prairie du Grütli.

-Mes amis, commence le premier homme, merci d’avoir répondu à notre appel. Je n’ai pas besoin de vous rappeler l’importance de ce moment. Nous sommes là pour unir nos forces afin de nous libérer des Habsbourg et reconquérir notre souveraineté.

-Hourra! s’écrie le deuxième homme. Un pour tous, tous pour un!

-Pour mener cette entreprise à bien, nous avons besoin de définir quelques règles communes.

-Des règles communes ? demande le troisième homme.

-Oui, des règles communes. Nous devons nous entraider les uns les autres et nous secourir de tout notre pouvoir et même au dehors, contre tous ceux qui nous feraient violence.

-Bonne idée, répond le second homme.

-Et nous devons jurer d’honorer loyalement cette promesse.

-D’accord.

-Et bien, levez le bras droit et répétez avec moi. «Je jure par le Seigneur tout puissant…»

-Une minute, l’interrompt le troisième homme.

-Oui

-Ma vallée a ses propres lois.

-Comme les nôtres. Et alors?

-Alors il n’est pas question qu’un serment fait avec d’autres vallées ait la primauté sur le droit de ma mienne.

-Mais vous pourrez vous prononcer sur la conclusion de l’alliance et même décider en tout temps de la résilier!

-Non, ce serait faire peu de cas de notre autodétermination. Nous devons pouvoir changer d’avis, sur chacune des clauses, au cas par cas, n’importe quand.

-Mais… si nous avons besoin de votre aide, pourrons-nous compter sur vous?

-Oui… non… c’est-à-dire… Tout dépendra de ce que notre vallée aura décidé entretemps.

-Par l’arbalète de Guillaume Tell, s’écrie le deuxième homme. Tu veux dire que nous ne sommes même pas sûrs de pouvoir compter sur vous en cas de besoin?

-Oui, c’est-à-dire, non, enfin… seulement si notre peuple ne change pas d’avis entretemps. Il n’est pas question que des règles supérieures viennent nous dicter notre conduite.

-Dans ces conditions, pas question que je prête serment, tranche le deuxième homme.

-Mais, balbutie le premier homme, et les Habsbourg? et les baillis?

-Apparemment, il s’en fiche, et dans ce cas, je ne vois pas pourquoi je m’en préoccuperais.

Les trois hommes se séparent en jurant. Et la Suisse ne naît pas.

Le 25 novembre, votez non à l’initiative sur l’autodétermination!



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