L'entreprise et les salariés, vache à lait de l'Etat?

10 février 2017  | Paru dans Newsletter FER Genève  | Auteur : Stéphanie Ruegsegger

Ainsi donc, le référendum contre l’augmentation des tarifs TPG a abouti. On votera une nouvelle fois en mai prochain sur le prix du billet, après avoir accepté sa diminution en mai 2014. Pourquoi le Conseil d’Etat et le Conseil d’administration des TPG ont-ils décidé de cette augmentation?

On se doutait des répercussions du vote de 2014 sur le budget des TPG et, partant, sur l’adaptation de l’offre. La situation est pire que prévue. Au contraire de ce que certains avaient prédit, soit une augmentation sensible de la fréquentation des TPG, celle-ci a fidèlement suivi la courbe de croissance de la population, ni plus ni moins. La fréquentation n’a donc pas compensé la baisse des tarifs, laquelle a au contraire creusé un gouffre financier, contraignant le canton à devoir une somme estimée à quatre millions de francs à Unireso.

Car si la participation de Genève à cette communauté tarifaire permet aux usagers des TPG de circuler sur l’ensemble du territoire couvert par ce regroupement de différentes entreprises de transports publics régionales, elle a pour corollaire de forcer le canton à suivre une politique tarifaire coordonnée avec l’ensemble des acteurs concernés. Un point qui figure dans le contrat de prestations et que Genève n’a pas pu respecter.

Récemment, Unireso a proposé une légère augmentation de ses tarifs, de manière à adapter les prix à l’évolution des coûts et de l’offre. Afin que le fossé ne s’élargisse pas davantage, le Conseil d’Etat a lui aussi proposé une légère adaptation des tarifs TPG. Un projet modeste, puisque ceux-ci resteront largement moins chers que ceux des cantons voisins.

Certains partis politiques estiment néanmoins que les prix sont immuables et qu'ils ne peuvent être adaptés. Ils ont donc lancé un référendum. Si les Genevois devaient les suivre, ils continueraient certes à bénéficier d’un tarif défiant toute concurrence, mais au prix d’une nouvelle adaptation de l’offre et d’un plus grand engagement financier du canton.

Le Conseil d’Etat cherche à faire payer les frais de cette éventualité aux entreprises et aux salariés, au prétexte que ces derniers sont de grands consommateurs de transports publics. Cela est inacceptable! Avoir un réseau de transports publics performant a un coût. S’ils veulent le préserver, les Genevois doivent aussi accepter de le financer. C'est pourquoi il faut dire oui à cette légère hausse des tarifs TPG.