L’esprit d’entreprendre s’invite de plus en plus à l’école

 | Paru dans Entreprise Romande  | Auteur : Grégory Tesnier
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Il y aura toujours des théoriciens ou des spécialistes pour venir expliquer que tout cela n’est pas bien. Que l’éducation prend une mauvaise direction. L’esprit d’entreprendre s’invite de plus en plus à l’école grâce à des cours ou à des programmes spécifiques? Et voilà que certains n’hésitent pas à y voir une idéologie qui s’installe entre les murs des établissements scolaires; une maladie terrible dont il faudrait protéger les enfants. Une sociologue française, Lucie Tanguy, interrogée il y a quelques mois par la revue Sciences Humaines, ne dit rien d’autre: «L’esprit d’entreprise tant exalté comme synonyme d’esprit d’initiative, de dépassement de soi, de créativité, se confond chez les jeunes élèves avec l’esprit de subordination requis pour atteindre l’objectif fixé: créer une entreprise rentable ». Evidemment, tous ces mots – répétés dans une longue interview au journal L’Humanité – trahissent chez cette sociologue une détestation de la liberté d’entreprendre! A l’aune des expériences romandes menées en matière d’éveil à l’esprit d’entreprendre dans les écoles, il apparaît néanmoins – n’en déplaise à Lucie Tanguy – que les plus jeunes plébiscitent le fait de travailler sur des projets concrets et de pouvoir mettre en valeur leur créativité.

Le goût d'entreprendre, de relever des défis et d'innover

Le programme Graines d’entrepreneurs, qui a fêté ses trois ans, a déjà formé quelque mille élèves et s’étend de plus en plus dans toute la Suisse et même à l’étranger (lire l’article en page 7). A Genève, un autre projet pilote tente également depuis peu d’insuffler l'esprit start-up auprès des jeunes au sein du cycle d’orientation (lire l’article ci-dessous). Là encore, le succès est au rendez-vous et les élèves font montre de leur talent et de leur envie de s’épanouir en développant leurs propres idées.

Plus heureux

Partout en Suisse, de telles initiatives existent et sont encouragées. Susan Müller et Thierry Volery, de l’Institut suisse pour les petites et moyennes entreprises de l’Université de Saint-Gall, ont écrit et rappelé, pour défendre le phénomène de l’éveil à l’esprit d’entreprendre dans les écoles helvétiques, que les entrepreneurs de Suisse sont plus heureux que la population dans son ensemble et que leurs homologues d’autres pays misant aussi sur l’innovation. De quoi encourager les adolescents à compter plus que jamais sur leur goût d'entreprendre, de relever des défis et d'innover! La Commission européenne, quant à elle, souligne que «l’investissement dans l’éducation à l’esprit d’entreprise est l’un des plus rentables que puisse faire l’Europe: des études montrent en effet que les écoliers et les étudiants qui ont reçu cette éducation ont trois à six fois plus de chances de créer une entreprise à un moment de leur vie que ceux qui n’en ont pas bénéficié».


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