L’Union européenne, entre déséquilibre et crise identitaire

 | Paru dans FERInfos  | Auteur : RENAUD Isaline
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Née de la volonté de rapprocher les peuples après la Seconde Guerre mondiale par des actes économiques, dont le développement d’un marché unique et d’une union douanière favorisant le partage de souveraineté entre ses États membres, l’Union européenne (UE) permet à près de 516 millions d’Européens d’échanger des biens librement, sans droits de douane ni contraintes réglementaires.

Environ 420 millions de personnes bénéficient également de la liberté de circulation parmi les 26 pays de l’espace Schengen. En comparaison internationale, le cabinet de conseil McKinsey relève le niveau élevé des standards sociaux des pays de l’UE en termes de santé, d’éducation, de sécurité, de protection sociale et environnementale.

Cependant, soixante ans après la signature en 1957 des deux traités de Rome qui ont posé ses fondements, les acquis et les valeurs de l’Union (paix, démocratie, État de droit et libertés) sont menacés. La sortie du Royaume-Uni de l’UE (Brexit) votée le 23 juin 2016 et qui sera effective en 2019 pousse l’Union à renégocier un accord commercial avec la Grande-Bretagne, qui pourrait demander un accès au marché unique et une protection de ses activités financières sans être tenue de respecter les réglementations de l’UE.

En outre, malgré une reprise de la croissance de 1,7% et un taux de chômage en dessous de 10% en 2016, la zone euro n’a ni favorisé l’intégration politique, ni minimisé les déficits publics. Les eurosceptiques estiment que l’introduction d’une monnaie unique, l’euro, a freiné la convergence économique et creusé encore plus les écarts de revenus entre les pays du Nord et les pays du Sud. Autre point de discorde: le manque de politiques concrètes et cohérentes, ainsi qu’un fossé entre des élites technocrates et le peuple.

La crise migratoire, les difficultés d’intégration des migrants et les attaques terroristes ont également remis en cause la sécurité de l’UE, notamment sa capacité à gérer les frontières extérieures. Outre ces facteurs internes, les relations avec les États-Unis et la Russie ont un poids certain sur son avenir.

La Suisse, toujours partenaire

En Suisse, les dossiers de négociations entre les deux parties vont être débloqués et un accord cadre institutionnel devrait être discuté d’ici à la fin de l’année, afin de renouveler la voie bilatérale. La mise en application d’une solution allégée de l’initiative Contre l’immigration de masse (préférence indigène pour l’information concernant les places vacantes dans les entreprises) adoptée en décembre 2016 et respectant la libre circulation des personnes, devrait préserver l’accès au marché intérieur européen du troisième partenaire économique de l’UE, derrière les États-Unis et la Chine.

Pour le moment, près de 23 000 entreprises helvétiques exportatrices restent discriminées par des contraintes administratives, fiscales et financières, alors qu’inversement les entreprises des pays membres de l’UE rencontrent moins d’obstacles pour exporter en Suisse. Selon une étude de l’Université de Saint-Gall, l’UE aurait introduit plus de deux cents directives depuis 2008 rendant l’accès à son marché difficile. La Suisse est prête à se montrer coopérative en payant sa contribution à la politique européenne de cohésion; ce point devrait être discuté d’ici cet automne.


Sources: Les Echos, 24.03.2017; Tribune de Genève, 25.03.2017; Sonntagszeitung, 26.03.2017; Le Temps, 06.04.2017; Tribune de Genève, 07.04.2017; Courrier international (Hors série), avril-mai 2017


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