La fin des tolérances communales incitera les PME à recycler davantage

 | Paru dans Entreprise Romande  | Auteur : Flavia Giovannelli
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Depuis le 1er janvier 2018, la suppression des tolérances communales, qui permettait de collecter gratuitement deux sacs de cent dix litres par semaine pour le compte des entreprises situées sur leur territoire, est effective. C’est l’une des mesures du dernier plan de gestion de déchets cantonal 2014-2017. Les changements qui en découlent concernent avant tout les PME comptant de neuf à deux cent quarante-neuf employés.

Les débuts d’année riment souvent avec nouvelles lois et règlementations. Ce 1er janvier 2018 marque ainsi la fin de la tolérance communale, qui permettait jusque-là aux entreprises de moins de deux cent cinquante employés de voir leurs déchets pris en charge dans le cadre de la tournée de collecte des ordures ménagères. Cela à raison de deux sacs de cent dix litres par semaine, sachant que les plus grandes entités répondaient déjà à des règles strictes. Celles-ci ne sont donc pas concernées par l’introduction de cette mesure, qui a pour but d’inciter les entreprises à trier davantage leurs déchets.

Genève a pris des dispositions pour changer les comportements via une directive très claire, espérant échapper encore à la taxe au sac, qui prévaut dans une majorité de cantons suisses. Traduction: la fin de cette tolérance implique que les PME de neuf à deux cent quarante-neuf employés doivent assurer l’élimination de leurs ordures et, surtout, en supporter les coûts. Tandis que les toutes petites structures, jusqu’à huit employés, peuvent bénéficier d’une prise en charge moyennant un forfait de cinquante francs suisses par employé et par année, à régler auprès de la commune du domicile de l’entreprise.

«Il ne faut pas voir ce virage comme une contrainte réglementaire, mais plutôt comme une occasion proposée aux entreprises de participer plus activement à cet objectif», explique Pascal Laperrousaz, directeur général de Transvoirie, un acteur majeur du déchet en Suisse romande, dont les bureaux sont à Carouge. En effet, comme l’incinération se révèle particulièrement onéreuse dans le canton - 278 francs par tonne à l’usine des Cheneviers - l’incitation sera grande de faire des efforts.

Occasion à saisir

Avec déjà vingt-cinq communes genevoises clientes de ses services de collecte, Transvoirie s’occupe activement de solliciter les PME qui doivent se mettre en conformité avec la nouvelle réglementation. Naturellement, certains de ces clients ont déjà pris les devants et opté pour une solution. Car dans le contexte actuel, les communes du canton gardent l’avantage de choisir entre trois modes de gestion:

la collecte en régie, qui consiste pour la commune à assurer les services avec son personnel et ses véhicules, contre facturation

l’option du marché public, soit confier à un prestataire indépendant unique le ramassage des ordures ménagères et professionnelles

la commune laisse le choix aux PME de s’adresser à l’un des prestataires agréés. Dans les deux derniers cas, les acteurs de la branche peuvent donc décrocher de nouvelles commandes.

Transvoirie a ainsi lancé une campagne de sensibilisation, pour inciter les clients et les prospects à réaliser chez eux un état des lieux de la situation. Si tout le monde s’accorde en principe sur le bien-fondé de trier ses déchets, la mise en pratique diffère souvent d’un cas à l’autre. Selon l’emplacement des bureaux de la PME, son environnement ou son secteur d’activité, les contraintes ne s’avèrent pas les mêmes. «Il faut parfois savoir faire preuve de créativité. Nous les aidons à prendre ce chemin», résume Pascal Laperrousaz. Car d’ici au 31 mars 2018, les contrevenants n’auront pas le choix: leurs déchets non régularisés seront laissés dans la rue, à charge pour eux de régler une amende.

Conscience verte

A noter que le service cantonal de gestion des déchets (GEDEC), en collaboration avec les branches de l'hôtellerie et de la restauration ainsi que les communes genevoises, a développé un guide relatif aux déchets de ces professions, qui en engendrent un grand nombre.

Comme le relèvent les opérateurs, le canton se montre désormais plus actif pour atteindre les objectifs d’amélioration du taux de recyclage des déchets. La conscience verte gagne donc du terrain et, dans les communes urbaines où la mixité entreprises-particuliers est très marquée, tout le monde y gagnera en qualité de vie.


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