La Suisse est la meilleure! (Mais...)

 | Paru dans Newsletter FER Genève  | Auteur : Véronique Kämpfen

Cette semaine, et pour la huitième année consécutive (!), la Suisse est arrivée première au classement de l’innovation de l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI).

A l’heure où le soleil inonde nos terrasses, où nous pouvons profiter tant de nos lacs que de nos montagnes et goûter la quiétude de douces soirées estivales, nous nous trouvons confortés dans une sorte de béatitude saisonnière par ce genre de résultat. Seule notre légendaire modestie nous empêche de pavoiser trop haut et trop fort. Mais au fond de nous, un sentiment de satisfaction nous habite: nous sommes les meilleurs. Chut… ne le disons pas trop fort.

L’esprit pinailleur et chagrin ira chercher d’autres classements pour confirmer ou infirmer le résultat de l’OMPI. Rapidement, l’évidence lui sautera aux yeux: la situation de la Suisse n’est pas toujours aussi rose. Au rayon des mauvaises nouvelles, on peut citer le classement de l’IMD portant sur la compétitivité. A cause du ralentissement de ses exportations, la Suisse est passée du deuxième rang au cinquième. Pas encore de quoi s’affoler, l’étude porte sur 63 pays, mais la tendance est clairement négative.

Au niveau de l’entrepreneuriat, il n’y a pas de quoi pavoiser non plus. L’étude Global Entrepreneurship Monitor, notamment réalisée en Suisse par la Haute école de gestion de Fribourg, montre que seuls 8,5% des Suisses se sont lancés dans l’entrepreneuriat, une moyenne en dessous de celle de pays à l’économie comparable, fortement axés sur l’innovation, qui affichent en moyenne un taux de 9,1%. La situation tend néanmoins à s’améliorer, avec une augmentation de 0,3% par rapport à 2017.

Chez les jeunes de 18 à 24 ans, la situation s’avère autrement plus problématique. Seuls 3% d’entre eux sont engagés dans la création d’une entreprise ou gèrent une start-up, contre 17,2% au Canada, 11,4% aux Etats-Unis ou 11,2% aux Pays-Bas.

Si l’on regarde du côté du management, on apprend que la Suisse est dernière de classe en ce qui concerne le home office, soit la possibilité pour un employé de travailler depuis chez lui. Seules 52% des entreprises sont favorables à cette forme d’organisation. Dans les pays nordiques, ce pourcentage monte à 86%. La flexibilité des horaires jouit d’un peu plus de sympathie au sein des entreprises suisses, à 72%, ce qui est bien, mais elle pourrait être améliorée. C’est un des points cruciaux pour la conciliation des vies privée et professionnelle.

En résumé, la Suisse ne serait donc pas si paradisiaque que cela? Ne baissons pas les bras et continuons notre brève revue des classements internationaux. Le Centre pour la recherche économique européenne (ZEW) à Mannheim, en Allemagne, classe la Suisse pays le plus innovateur au monde, devant Singapour, la Belgique et l’Allemagne. Selon ce classement, elle se positionne sur le podium en matière d’économie, de science, de formation et de société. Au rayon des bonnes nouvelles, l’ONU a donné la cinquième place à la Suisse dans son World Happiness Record, soit le classement des pays où les habitants sont les plus heureux. Sont pris en compte des indicateurs comme la générosité, l’espérance de vie et la confiance accordée aux institutions. Et enfin, last but not least, la Suisse est numéro un des meilleurs pays au monde. Si, si, ce classement existe! Il est établi, entre autres acteurs, par la très sérieuse Wharton School de l’Université de Pennsylvanie et s’intitule Best Countries. Depuis trois ans, 80 pays sont évalués sur des critères comme celui de leur influence économique, de leur ouverture face à l’entrepreneuriat ou de la qualité de vie des résidents. Et la Suisse cartonne!

Le tableau brossé n’est peut-être pas tout rose, mais presque. Il faut y penser les jours où la morosité nous gagne et il faut surtout s’en réjouir. La Suisse a visiblement le vent en poupe et peut encore progresser dans différents domaines. Autant de défis enthousiasmants pour les années à venir!


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