Les entreprises peuvent trier leurs déchets efficacement

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Depuis quelques mois, les entreprises genevoises doivent assumer la fin de la gratuité de la levée de leurs poubelles. Cette nouvelle réalité agace un certain nombre de PME du canton, déjà soumises à de nombreuses taxes, tandis que le monde politique met en avant l’idée que le tri des déchets professionnels est encouragé grâce à cette mesure. Une justification en partie valable. Pourtant, il existe d’autres façons, moins coercitives, de favoriser le tri des déchets au sein des entreprises.

Il faut comprendre pourquoi un dispositif encourageant le tri des déchets fonctionne plus ou moins bien au sein d’une organisation, pourquoi des collaborateurs y participent avec plus ou moins de conviction. Des programmes spécifiques d’accompagnement des entreprises ont fait leurs preuves pour répondre à ces questions. Il y a par exemple celui de l’association Swiss Recycling, dont une des missions est de sensibiliser le grand public et les entreprises suisses au tri sélectif et au recyclage, ou celui de Gauthier Delcloy, dont l’entreprise genevoise CO-Objectifs 21 SA aide les collectivités et les structures publiques et privées à améliorer leurs performances environnementales.

Quant à Pascal Laperrousaz, directeur de Transvoirie, société spécialisée dans la collecte de tous types de déchets et dans la gestion et l’implantation de déchetteries communales, il soutient en premier lieu que la réussite d’un dispositif de tri des déchets au sein d’une entreprise dépend de la volonté réelle de la direction d’arriver à des solutions efficaces. «Le greenwashing, ce procédé de marketing utilisé dans le but de se donner une image écologique, est évidemment à bannir! Il convient au contraire d’être le plus sincère possible dans la démarche, les processus et la communication mis en place». Gauthier Delcloy souscrit aux propos de Pascal Laperrousaz. «Quand j’interviens au sein d’une société, dans le cadre d’une vision holistique qui implique de réaliser un audit initial et d’aller jusqu’aux leviers d’action et au suivi de long terme, j’insiste pour que la direction s’investisse au maximum dans toutes les étapes et dans le dialogue instauré ultérieurement avec les collaborateurs pour les inciter à agir de façon responsable ». Pour accompagner ses clients, Gauthier Delcloy suit un programme en «5 R» qui sonne comme un leitmotiv: «Refuser le superflu», «Réduire les déchets à la source», «Repenser les processus », «Réutiliser ou réparer localement» et «Recycler». Ces préoccupations louables et soucieuses de la protection de l’environnement n’empêchent pas le spécialiste de parler argent. «Mon intervention doit permettre un retour sur investissement dans l’année! Concrètement, un logiciel de suivi des coûts et de la gestion du tri des déchets est là pour assurer l’atteinte des objectifs dans des conditions optimales.»

Un concept adapté à l'entreprise

Le programme Recycling- Check-Up de Swiss Recycling constitue un autre moyen pour les entreprises de se faire accompagner efficacement dans la quête d’une collecte sélective et idéale des déchets. Recycling- Check-Up? Une manière de profiter de l’analyse d’experts du domaine environnemental et de propositions d’amélioration concrètes. Le check-up présente des mesures faciles à réaliser et capables non seulement de préserver l’environnement, mais aussi de faire des économies en termes de coûts et de temps. «Il s’agit d’une analyse complète qui s’intéresse à tous les type de déchets, ceux qui sont issus du processus de production, comme ceux qui sont assimilables à des déchets urbains (papier, carton, PET, alu, verre, etc.). La société qui nous mandate fixe des objectifs auxquels nous tâchons de répondre. Après une analyse initiale de la situation, nous développons un concept adapté à l’entreprise, qui décide finalement de la mise en pratique », explique Jasmine Voide, responsable pour la Suisse romande chez Swiss Recycling. Et d’ajouter: «Le Recycling- Check-Up permet une approche réfléchie qui tient compte des spécificités de l’entreprise. Dans cette perspective, d’éventuelles erreurs sont reconnues rapidement et peuvent être corrigées sans attendre». Cette dernière remarque offre l’occasion de s’intéresser aux choses à ne surtout pas faire quand une entreprise vise la mise en place d’une politique de tri des déchets satisfaisante. Outre la «sincérité» et la «pleine implication» exigées de la part des différents responsables et de la direction dans la dynamique de changement amorcée, d’autres facteurs sont à prendre en compte pour éviter de faire un faux pas ou d’agir à mauvais escient. Ainsi, pour Pascal Laperrousaz, il convient «de ne pas trop centraliser les solutions de tri. Au contraire, il faut être au plus proche des collaborateurs ». De même, un suivi est indispensable. «La politique de tri des déchets doit être revue régulièrement. Les données et les comportements évoluent et il est impossible d’envisager le tri des déchets comme quelque chose de statique qui n’a pas besoin de solutions sans cesse en mouvement». Dans la continuité de ce raisonnement, pour Gauthier Delcloy, les collaborateurs et toutes les parties prenantes ont besoin d’un constant retour d’expérience en lien avec les actions entreprises pour favoriser le tri des déchets. Il s’agit ainsi «de ne pas vouloir faire tout d’un coup», de communiquer sur les mesures mises en place peu à peu, leur succès ou leur échec, et de donner tous les outils nécessaires aux personnes concernées pour qu’elles puissent améliorer en permanence leurs pratiques.

«Les collaborateurs doivent être informés, motivés et responsabilisés », affirme aussi Jasmine Voide. «Une erreur qu’il ne faut pas commettre quand on met en place une politique de tri des déchets dans une entreprise? Poser des conteneurs sans informer les collaborateurs du pour quoi et du comment.» Jasmine Voide note également que des entreprises ne préparent pas assez en amont leurs actions liées au tri des déchets. «Des sociétés achètent des conteneurs pour la collecte des détritus ou des encombrants et réalisent seulement ensuite que certains déchets ne peuvent pas être valorisés ou qu’elles auraient pu adhérer à moindres coûts à un système déjà existant de collecte. De façon générale, il est primordial de connaître le cycle de vie des produits afin de prendre les bonnes décisions!»

Pour plus d'information

www.swissrecycling.ch
www.objectifs21.ch
www.transvoirie.ch

 


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