Math Dealer ou l’art du décalage

 | Paru dans Blog FER Genève  | Auteur : Stéphanie Ruegsegger

Math Dealer. Cet énoncé ne vous dit rien? Non, ce n’est pas la dernière coqueluche du cinéma américain, ni un célèbre baron de la drogue. Math Dealer est le nom d’un service qui s’affiche depuis quelques jours sur les murs de Suisse. Son but ? Proposer aux filles de faire les devoirs des garçons, contre rémunération.

A un jour de la journée du 8 mars en faveur des droits des femmes, on peut raisonnablement s’interroger sur la véracité d’une telle annonce. Elle est en effet tellement chargée de clichés que l’on se dit qu’il s’agit d’un teasing pour une campagne communication. En effet, le site présente les filles comme les servantes modernes (et rémunérées 9 francs de l’heure) de jeunes gens pas très doués, qui ont mieux à faire que de bosser leurs cours. Au final, tout le monde serait content: les filles, qui peuvent gagner un peu d’argent (histoire sans doute de s’acheter du maquillage ou des petites robes, mais le site ne va quand même jusqu’à le mentionner), les garçons, qui peuvent vaquer à des occupations un peu moins barbantes qu’un devoir de math, les profs et les parents, certes dupés mais heureux de voir des élèves aussi consciencieux. Un peu gros pour être vrai, n’est-ce pas? On doit être face à un exemple de décalage dans la publicité.

On ne peut qu’espérer que ce soit de l’humour. Mais même dans ce cas, le décalage avec les valeurs actuelles (il s’agit bien d’incitation à la tricherie, de misogynie, de dumping salarial, de clichés de genre, etc.) est tel qu’on peine à ne serait-ce qu’esquisser un pâle sourire.



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