Mobilité à la demande en zone industrielle

 | Paru dans Entreprise Romande  | Auteur : Pierre Cormon
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Le projet transfrontalier Echosmile vise à résoudre les problèmes de mobilité des travailleurs de la zone industrielle de Plan-les-Ouates, à Genève, et du technopôle d’Archamps (France) grâce à un système de transport à la demande, qui pourrait reposer sur des navettes autonomes.

Permettre aux travailleurs de la zone industrielle de Plan-les- Ouates (ZIPLO, Genève) et du technopôle d’Archamps (Haute- Savoie) de se déplacer facilement avec des solutions à la demande: tel est l’objectif du projet Echosmile, lancé en septembre 2018, qui réunit une dizaine de partenaires publics et privés, français et suisses, au sein d’un consortium.

Quel est le problème? «La ZIPLO est saturée et le parking représente une source de souffrance pour de nombreux travailleurs de la zone», répond Jean-Marc Hilfiker, conseiller en entreprise à l’Office de promotion des industries et des technologies (OPI), à Genève, qui porte le projet côté suisse. «Lorsqu’ils prennent leur véhicule pour aller au restaurant, au fitness ou à un rendezvous, ils ne trouvent souvent plus de place en rentrant.» Le site est difficilement accessible en transports publics depuis la France, où résident de nombreux travailleurs. «Si on leur offre une solution de qualité au moins équivalente, les travailleurs seront encouragés à laisser leur véhicule», espère Jean- Marc Hilfiker.

Le technopôle d’Archamps a lancé un projet de développement de navettes autonomes. Les acteurs de part et d’autre de la frontière y ont vu l’occasion de mener un projet transfrontalier Interreg (programme européen visant à promouvoir la cooopération entre les régions européennes, financé par le Fonds européen de développement régional). L’idée: développer un système qui permette à l’utilisateur d’appeler une navette quand il le désire, à travers une application pour smartphone. La navette, partagée entre plusieurs utilisateurs, se déplacerait en vertu d’un algorithme, développé par la société lausannoise BestMile, qui calculerait le meilleur itinéraire pour servir tous les utilisateurs. L’application indiquerait à chacun d’eux dans combien de temps le véhicule passerait le chercher et le temps de parcours escompté. Elle pourrait également permettre de réserver des places de restaurant, de commander un repas à livrer, etc.

Liaison transfrontalière

Dans un deuxième temps, les partenaires du projet1 souhaitent créer une liaison entre la ZIPLO et Archamps, selon le même principe. Un parking d’échange serait construit à Archamps, où les pendulaires travaillant dans la ZIPLO pourraient se garer avant de se rendre à leur lieu de travail dans une nanavette autonome, qui passerait la frontière sur une voie réservée. L’identité biométrique des passagers ayant été enregistrée à l’avance, elle aurait été transmise aux douanes. La société exploitant l’autoroute côté français ainsi que les douanes se sont déclarées intéressées à suivre les travaux.

Le projet se veut ouvert: si l’objectif est bien identifié – faciliter les déplacements des travailleurs de la zone –, les solutions ne sont pas figées. «Pour nous, l’essentiel n’est pas les navettes, mais les services dont ont besoin les travailleurs du site, en rapport avec leurs déplacements», remarque Jean-Marc Hilfiker. «Nous sommes partis de l’idée que les navettes autonomes pourraient fournir la solution, mais, en cours de route, nous nous apercevrons peut-être que d’autres moyens de transport sont plus adaptés, comme des bus ou des vélos électriques.» Il s’agira aussi de trouver un modèle viable sur le plan économique.

Identifier les besoins

La première phase du projet consiste à identifier précisément les besoins des travailleurs de la zone, qui risquent d’être sensiblement modifiés par la mise en service du Léman Express, fin 2019 (lire en page 30). C’est la tâche de la Haute école de gestion de Genève, qui réalisera une enquête à ce sujet. Des navettes vont être mises en service à Archamps, dès 2019, pour examiner comment les travailleurs les utilisent – ou non. «L’avantage de réaliser ces essais à Archamps, c’est que l’entité qui gère le site, la SEMAG, a la maîtrise du foncier», explique Jean-Marc Hilfiker. «Ce serait beaucoup plus difficile à faire sur des voies publiques.» Le budget de la première phase du projet est de 1,5 million de francs, provenant de fonds français et suisses (fédéraux et cantonaux). Une dizaine de personnes y travaillent, à des degrés divers, chez les différents partenaires, pour un total évalué à deux cent trentehuit jours/homme par année. Les droits de propriété intellectuelle, par exemple sur le logiciel, seront la propriété commune du consortium. «C’est la règle dans les projets Interreg», relève Jean-Marc Hilfiker.


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