Ne pas laisser salir notre démocratie et nos institutions

 | Auteur : Stéphanie Ruegsegger

Jeudi 9 mai, sur le coup de midi, un coup – de tonnerre – secoue Genève: une perquisition est en cours au service des votations. La raison en est un soupçon de fraude électorale répétée. Il n’est évidemment pas question de préjuger de ce que la justice confirmera ou non de ces soupçons. Mais l’affaire semble suffisamment sérieuse pour que cela perturbe la République.

Le moment pour une telle révélation n’est pas des mieux choisis. Mais y a-t-il un moment idéal pour ce genre de déclaration? Sans doute pas. Toujours est-il que ce scandale éclate à 10 jours d’un scrutin crucial pour notre pays comme pour notre canton. La complication des objets est déjà extrême et risque de décourager certains citoyens de se rendre aux urnes. Il est clair que cette nouvelle «genevoiserie» risque de ne pas améliorer la situation. D’autant qu’elle fait suite à des mois déjà particulièrement perturbés depuis les élections cantonales de l’année dernière. 

Des esprits retors et malhonnêtes, on en trouvera toujours. Cela vaut en politique comme ailleurs. Mais on y trouve aussi surtout des femmes et des hommes convaincus par un modèle de société et engagés pour le défendre, au nom du bien commun. Des femmes et des hommes au service d’un modèle démocratique unique au monde, qui se retrouve aujourd’hui décrédibilisé par ce soupçon. Ce modèle est faillible, comme le révèle cette affaire. Il faudra que la justice rende rapidement ses conclusions, que le ou les responsables soit sanctionné et que des mesures soient prises au plus vite pour que ce genre de dérapage ne puisse plus se produire. Si certaines réactions ont également fait état d’une faillite de nos institutions, ce n’est pas le cas. C’est précisément parce que les institutions fonctionnent que la révélation a pu avoir lieu.  

Il y a le temps de la justice, mais il y a aussi le temps politique. Et dans ce domaine également, il faut agir sans tarder. Un ou quelques individus a dans le cas présent potentiellement influencé des résultats électoraux en trichant. Ne laissons pas mettre à mal un système politique qui permet à chaque citoyen de donner son avis sur une multitude de projets. Même si les objets sont parfois complexes, comme c’est le cas pour ces votations, l’expression populaire est toujours empreinte d’une grande maturité. Le meilleur moyen de défendre ce modèle est d’user de son droit de vote. Ne laissez pas les autres décider de ce que sera la Suisse et Genève demain, et allez voter le 19 mai.

 



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