Nouveau Conseil d'État: regard vers l'avenir

 | Paru dans Newsletter FER Genève  | Auteur : Olivier Sandoz, directeur général adjoint

A l’issue du premier tour des élections genevoises, nous faisions part de notre satisfaction quant au recentrage opéré au niveau du législatif et de notre espoir que l’Entente puisse conserver ses sièges à l’exécutif à l’issue du second tour. Malheureusement, tel n’a pas été le cas.

Les élus ont récemment procédé à une nouvelle répartition des départements. Il est rapidement apparu que le mot «économie» avait disparu des dénominations. En soi, cela n’est pas dramatique, à la condition que l’économie demeure au cœur des préoccupations du Conseil d’Etat in corpore. Nos entreprises ont besoin des meilleures conditions cadre possibles pour évoluer dans un monde de plus en plus compétitif et globalisé. Quant au département de l’instruction publique, il s’intitulera dorénavant département de la formation et de la jeunesse. Là aussi, plus que l’intitulé, c’est le contenu qui est important. Un des défis que ce département devra relever est de préparer les jeunes à la digitalisation et à ses conséquences sur les métiers. On peut d’ailleurs se demander si un département ou, à tout le moins, une structure transverse consacrée à cet enjeu, n’aurait pas dû être créé.

La bonne nouvelle, c’est que le nouveau président du Conseil d’Etat, Pierre Maudet, s’intéresse de près à la digitalisation et aux nouvelles technologies et qu’il veillera à ce que ces thèmes soient traités sans relâche au sein de tous les départements. Un effort particulier devra être déployé par le département de la formation et de la jeunesse. Selon un rapport de Dell et de l’Institut pour le futur, think thank californien, 85% des emplois de 2030 n’existent pas encore. Ce chiffre est probablement exagéré, mais ce qui est sûr, c’est que les métiers et les compétences y relatives évolueront de plus en plus rapidement. Manpower, après avoir interrogé plus de vingt mille employeurs dans quarante-deux pays, vient de publier une étude selon laquelle 86% des employeurs dans le monde (91% en Suisse) prévoient de maintenir ou d’augmenter leurs effectifs dans les deux à trois prochaines années en raison de l’automatisation.

C’est une bonne nouvelle, mais comme les besoins en compétences spécifiques évoluent vite, ils ne savent pas encore desquelles ils auront besoin d’ici à dix-huit mois. C’est pourquoi Manpower appelle à l'évolution des compétences. Développer des savoirs numériques sera nécessaire; acquérir des compétences humaines est également essentiel. Parmi elles, la capacité à collaborer, l'aptitude à communiquer, à l'écrit comme à l'oral, la faculté de raisonner pour résoudre des problèmes, d'établir des relations. Sans oublier l'empathie, la curiosité, le désir d'apprendre. Pour Manpower, les points forts de l’humain dans la révolution des compétences se résument par l’équation suivante: soft skills + compétences techniques + digitales = le mix gagnant.


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