Oui à l'égalité salariale, non à l'état fouineur

 | Paru dans Newsletter FER Genève  | Auteur : RUEGSEGGER, Stéphanie
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La politique du Conseil fédéral en matière d’égalité salariale fera au moins quelques heureux: les instituts d’audits salariaux, à qui l’on fournit une confortable rente de situation pour les années à venir. En revanche, l’entreprise lambda, pour peu qu’elle ait cinquante employés ou plus, risque de rire jaune.

Le Conseil fédéral vient en effet de proposer d’aller mettre son nez dans la façon dont ces entreprises rémunèrent leurs employés. Elles devraient ainsi procéder à une analyse de l’égalité salariale en leur sein et répéter cette opération tous les quatre ans!

Le propos n’est pas ici de combattre l’objectif louable d’égalité et de non-discrimination. Une entreprise n’a d’ailleurs aucun intérêt à ce type de pratique qui conduit notamment au mécontentement et à la démotivation du personnel. Outre l’inévitable usine à gaz que ces analyses répétées vont engendrer, le système proposé appelle quelques observations. Tout d’abord, on constate que les inégalités salariales sont en baisse en Suisse. La situation n’est certes pas encore parfaite, mais la plus élémentaire bonne foi oblige à constater que la tendance va dans le bon sens, sans que l’Etat n’ait eu à intervenir d'une quelconque façon.

Un dialogue s’est initié il y a quelques mois entre l’Etat et les partenaires sociaux, lequel a abouti à une prise de position de l’économie, qui a proposé des pistes pour lutter contre les inégalités; de ces différentes actions, l’Etat n’en a apparemment cure. Ensuite, écart salarial ne signifie pas forcément discrimination: il s’explique en grande partie par des facteurs objectifs. La part de différence inexpliquée (39,1%) n’est pas systématiquement discriminatoire. Des biais méthodologiques (on se base sur des salaires médians et des situations globales) ne permettent en effet pas de conclusion aussi définitive et hâtive. Relevons enfin que si le secteur public est légèrement plus vertueux que le secteur privé en matière d’égalité salariale, la part de discrimination pure (41,7%) y est proportionnellement plus élevée que dans les entreprises, et ce en dépit de grilles salariales rigides.

On ne peut donc que regretter la position dogmatique du Conseil fédéral. Outre un satisfecit gouvernemental sur le dos des entreprises, la seule conséquence tangible de cette politique invasive sera un accroissement de la bureaucratie. Le projet est maintenant en mains des Chambres fédérales. Gageons que ces dernières sauront faire preuve de davantage de bon sens et privilégieront au dogme une vision pragmatique et réaliste, qui valorise les efforts déjà entrepris par les entreprises.

 


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