Perspectives 2018 de la FER Genève

 | Paru dans Entreprise Romande
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L’environnement économique change de plus en plus rapidement. Cela implique une refonte profonde et novatrice de notre fonctionnement, avec une réflexion sur la façon dont des questions politiques fondamentales.

L’élément le plus stable, dans ce mouvement perpétuel, est sans doute l’homme lui-même. Une étude menée en 2016 par ADP Research Institute (Evolution of work) relève que les cinq besoins primordiaux des salariés à travers le monde sont la liberté, la connaissance, l’autogestion, la stabilité et la quête de sens. Ces besoins fondamentaux indiquent que les visions nostalgiques de ceux qui s’accrochent à un passé, certes quelquefois glorieux mais par essence terminé, seront perdantes. En revanche, celles et ceux qui osent le changement, dans le respect d’autrui, pourront envisager l’avenir avec plus de sérénité. La digitalisation révolutionne le monde. Néanmoins pour fonctionner de manière saine et équilibrée, la société ne peut faire abstraction de la notion de sens. C’est dans cet esprit que devront être abordées les politiques qui façonneront la Suisse de demain, en prenant en compte ce qu’apporte la valeur humaine.

Conditions cadre

Les conditions cadre sont essentielles pour l’économie suisse. Le cadre dans lequel les entreprises évoluent est d’autant plus important que le marché helvétique, microscopique à l’échelle du monde, doit composer avec quelques obstacles d’importance.

Outre sa petite taille, la Suisse est caractérisée par une monnaie forte et un coût de maind’oeuvre élevé. Si l’on peut se réjouir du niveau de vie élevé qui y prévaut, signe de bonne santé économique et de qualité de vie, ces éléments ne facilitent pas le quotidien des entreprises, qui font face à une concurrence particulièrement âpre.

Dans un environnement globalisé et concurrentiel, il faut tout entreprendre pour éliminer les freins au dynamisme économique. Dans le domaine du marché du travail, cela implique le maintien d’un cadre souple, permettant aux entreprises d’agir et de s’adapter rapidement à leur environnement en mutation, sans que l’Etat ne vienne freiner leur ardeur. Cela signifie également que la fiscalité, des entreprises comme des personnes physiques doit rester maîtrisée et contenue.

Les conditions cadre ne sauraient toutefois se limiter aux questions fiscales ou réglementaires. Le succès de la Suisse repose également sur un contrat social tacite, qui associe à la liberté la notion de responsabilité, de l’individu, des entreprises et de la collectivité. Si le pays a jusqu’à présent repoussé les velléités de certains d’alourdir le droit du travail, c’est aussi parce que l’économie a toujours fonctionné dans le respect des conditions locales de travail. Si l’on entend maintenir une saine concurrence sur le marché, il convient également de faire respecter le cadre dans lequel cette concurrence se joue.

Les mois à venir seront également l’occasion de travailler à la question du service public. Ce dernier, qui, comme son nom le suggère, doit se concevoir comme un service à la population dans sa globalité, et non comme un but en soi. Sa qualité constitue un élément indispensable à l’équilibre de la société. Il participe en outre à garantir une parole impartiale, indispensable au fonctionnement de la démocratie.

Marché du travail

C’est sans conteste le dossier de la mise en oeuvre de la préférence indigène light, adoptée en fin d’année 2016 par le Parlement fédéral, qui occupera les esprits ces prochains mois en Suisse.

L’enjeu consiste à répondre au mandat constitutionnel de février 2014, qui vise à limiter l’immigration, tout en respectant les engagements internationaux de la Suisse et en évitant de créer une usine à gaz administrative pour les entreprises. Un défi de taille, qui semble devoir concilier l’inconciliable.

Pour la FER Genève, il s’agit de trouver un modus vivendi avec le système imaginé par les Chambres fédérales, dans la mesure où il permet de sauver l’essentiel, à savoir les accords bilatéraux. Certes, l’obligation d’annonce des postes vacants est une réelle contrainte pour les entreprises, ce d’autant plus qu’elle s’inscrit dans un contexte particulier, celui d’un taux de chômage particulièrement élevé dans certains secteurs professionnels. Au Conseil fédéral d’être réaliste dans la fixation du taux à partir duquel les entreprises devront annoncer leurs postes vacants, afin d’éviter un engorgement du système avec une avalanche de dossiers et de permettre à celui-ci de se mettre en place de manière efficace.

La voix de l’économie semble avoir été entendue, à tout le moins dans la phase de mise en oeuvre du système. Le corollaire des nouvelles obligations faites aux entreprises est une exigence d’efficience de la part du service public de l’emploi. On ne saurait en effet admettre que ce dernier impose aux entreprises d’ouvrir les postes vacants, sans qu’il soit capable en retour de répondre de manière rapide et ciblée à leurs besoins.

Si notre Fédération a combattu l’initiative contre l’immigration de masse, qui fragilise nos relations avec l’Union européenne, ce texte aura peut-être pour vertu d’améliorer la qualité des relations entre entreprises et offices de placement, et ainsi de valoriser le potentiel de maind’oeuvre locale. Le succès de la préférence indigène light est par ailleurs un rempart contre les velléités de certains de supprimer les accords bilatéraux avec l’Union européenne.

La FER Genève continuera à soutenir le principe d’autocontrôle du marché du travail. Le marché doit pouvoir fonctionner de manière saine et conserver sa faculté d’adaptation rapide aux changements. C’est dans cet esprit qu’elle soutient les mesures d’accompagnement, qui permettent aux partenaires sociaux des différentes régions du pays d’apporter des réponses adaptées aux éventuels problèmes qui se posent sur le terrain, sans que l’Etat n’impose ses propres solutions, déconnectées des réalités.

Santé

Le printemps a ses hirondelles et l’automne sa traditionnelle annonce de hausse des primes maladie. L’édition 2017 n’a pas failli à cette funeste tradition et une augmentation moyenne de 4% est attendue pour 2018. Un coupable semble tout désigné pour assumer cette récurrence: le corps médical. Mais qu’en est-il réellement?

Les coûts de la santé sont particulièrement élevés en Suisse. D’un montant global de plus de 77 milliards de francs, ils représentent près de 12,5% du PIB et sont, à pouvoir d’achat équivalent, les deuxièmes plus élevés au monde, après les Etats-Unis. L’excellence du système de santé contribue certes à ce coût. Dans le débat sur l’évolution des coûts de la santé, le Conseil fédéral décidait en août dernier, après des années de discussion, d’une adaptation de TarMed, laquelle consacrait une diminution de 470 millions de francs des coûts de la santé, représentant environ 1,5% de la prime maladie. Au-delà de la pression que cette décision exerce sur les médecins, celleci induit une surcharge administrative supplémentaire pour la profession, dont la mission est davantage de s’occuper de ses patients que de la paperasse administrative. Une réflexion devra également être initiée au plus vite sur le mode de financement du système. On constate en effet aujourd’hui que celui-ci favorise la prise en charge hospitalière par rapport à l’ambulatoire, laquelle relève totalement de l’assurance-maladie au contraire de la première, majoritairement à charge de l’Etat. Une situation qui est un non-sens économique, dans la mesure où l’ambulatoire est beaucoup moins cher que l’hospitalier.

Dans ce contexte tendu, deux initiatives fédérales ont été lancées par des élus genevois et vaudois, demandant d’une part d’octroyer plus d’autonomie aux cantons dans la gestion et l’organisation du système d’assurance maladie et d’autre part d’interdire aux élus fédéraux de siéger dans l’organe d’administration, de direction ou de surveillance d’un assureur maladie, ou d’en percevoir une rémunération. Les mois à venir seront donc dédiés à l’analyse des différentes sources d’augmentation des coûts de la santé, et des moyens réalistes, souhaitables et envisageables à mettre en oeuvre afin de les contenir.

Dans un avenir plus proche, la question des frais dentaires et de leur prise en charge, qu’une initiative de l’extrême gauche souhaiterait imputer aux entreprises, devra être tranchée. Un contre-projet sera prochainement discuté par le Grand Conseil. Il conviendra alors d’être attentif aux charges déjà lourdes que Genève fait peser sur ses entreprises.


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