Pourquoi faut-il dire non à l’assurance dentaire obligatoire?

 | Paru dans Entreprise Romande  | Auteur : Flavia Giovannelli
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De prime abord, l’idée d’une assurance dentaire obligatoire part d’une intention louable. Elle semble donner à croire que toute la population genevoise serait ainsi mieux en mesure de faire face à ce qui apparaît comme des dépenses très coûteuses. Or, il faut savoir que le projet prévoit une assurance qui ne couvre que les soins de base, dont le financement serait assuré par un prélèvement paritaire et grâce aux impôts. Il n’y a donc pas de miracle: d’une manière ou d’une autre, quelqu’un paierait. Une fois de plus, les salariés et la classe moyenne en porteraient le poids principal, cela pour un bénéfice trompeur. Ils risqueraient fort de constater qu’à la moindre évolution entraînant un déséquilibre entre ressources et obligations, on pourrait voir des hausses de primes telles qu’on les connaît avec l’assurance-maladie.

Lors de la présentation de l’initiative 160 Pour le remboursement des soins dentaires, les débats qui se sont déroulés au Grand Conseil ont largement mis en avant cette question du coût. Selon le rapport du Conseil d’Etat, les prélèvements se situerait raient à environ 0,5% du salaire pour l’employé et à 0,5% pour l’employeur (système paritaire). Il faut aussi savoir que ni les frais esthétiques, ni les implants, ni l’orthodontie ne sont concernés. Or, dans le système actuel, les soins de base sont déjà pris en charge par les outils existants (dans les écoles pour les plus jeunes et par la politique sanitaire cantonale pour les indigents, notamment). Cette nouvelle assurance coûterait sans doute pas loin de 300 millions de francs par année. En résumé, parce que la classe moyenne se retrouverait à financer une prestation qui n’a rien à voir avec le marché du travail, parce qu’elle est mal ciblée et trompeuse, la FER Genève recommande de voter non à cette initiative, à l’instar de la position de l’Association des médecins-dentistes de Genève.

Les Vaudois sont passés par là

En mars 2018, les Vaudois ont refusé le principe d’une assurance dentaire obligatoire pour les soins de base, comparable à celle sur laquelle se prononceront les Genevois. L’initiative a été rejetée par 57,57% des votants. Le texte prévoyait un financement s'inspirant du modèle de l'AVS, avec des employeurs et des salariés mis à contribution à part égale. Le coût annuel aurait tourné autour de trois cents millions de francs par an. Le contour exact et les prestations de base remboursées auraient dû être précisés par la suite par le parlement. Si le texte passait à Genève, ce serait à ce stade le premier canton de Suisse à se doter d’un tel instrument dans sa Constitution.


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