Progrès technologiques: où allons-nous?

 | Paru dans FERinfos  | Auteur : Isaline Renaud
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Data scientists, ingénieurs en internet des objets, bio informaticiens, thérapeutes en réseaux sociaux, spécialistes anti-âge, exogéographes: voilà quelques métiers d’avenir dont les profils sont modelés par la numérisation. La santé, le bâtiment, la finance, l’hôtellerie, l’informatique et l’ingénierie sont parmi les secteurs les plus bouleversés par la mutation technologique. Parmi les nouvelles compétences qui se dessinent, citons la gestion des big et des smart data, de la cybersécurité, la mise en oeuvre de l’intelligence artificielle, l’expertise en communication digitale, en web et en ingénierie.

Formés sur le plan technique, les travailleurs devront favoriser l’aspect humain et donner une forte valeur ajoutée au service, mais également allier la négociation, la gestion agile et l’interdisciplinarité à leur savoir-faire, ou se tourner vers l’entrepreneuriat. Dans les branches de la construction, de l’énergie et de l’ingénierie, le développement durable primera. En médecine, il s’agira notamment d’appliquer les dernières découvertes en neurosciences, alors qu’en finance, la blockchain et le bitcoin devraient compléter la gestion de fortune.

Un marché du travail dynamique

La digitalisation aura également un effet sur le marché du travail. Au niveau mondial, une étude de l’Université d’Oxford note que sur sept cent vingt métiers, 47% risquent d’être automatisés aux États-Unis et 48% en Suisse. En 2016, l’OCDE estimait qu’en moyenne 9% des employés de ses pays membres occupaient des postes dont 70% des tâches auraient pu être remplacées par des technologies numériques; en Suisse, le nombre de métiers à risque devrait varier de 10% à 50%. Selon Avenir Suisse, la révolution numérique ne devrait pas ternir le marché du travail helvétique.

Au contraire, l’automatisation devrait créer de nouveaux emplois à la suite de l’émergence de biens et de services supplémentaires. Entre 2006 et 2016, septante mille emplois ont vu le jour chaque année, alors que seulement 15% de tous les postes de travail ont été supprimés chaque année. Pour le moment, la polarisation des salaires, la hausse des disparités et la dégradation des revenus de travail sont encore absentes en Suisse.

L’adaptation de la formation

Afin de maintenir des conditions cadre de qualité et d’éviter que des actifs se trouvent au chômage, la formation doit s’orienter davantage sur les compétences et les connaissances nécessaires dans l’économie numérique. Le Conseil fédéral a ainsi adopté le Programme de promotion des compétences de base sur le lieu de travail, qui entrera en vigueur dès 2018, ciblant notamment les travailleurs plus âgés; l’apprentissage tout au long de la vie doit être privilégié. Autre mesure prévue: la Conférence des directeurs cantonaux de l’instruction publique a donné son feu vert pour l’introduction d’un enseignement obligatoire de l’informatique au gymnase dès 2022.

Parmi d’autres initiatives innovantes, l’EPFL va dispenser un cours à tous ses étudiants sur la pensée computationnelle (résoudre un problème avec un ordinateur) dès 2018. Au secondaire inférieur, pour le moment, une centaine d’écoles initient les élèves à la programmation. Ces cours seront obligatoires en Suisse alémanique dès 2021. Enfin, la législation concernant le travail et les assurances sociales devra également être ajustée.

 

Sources: Le Temps, 30.08.2017; Communiqué d’Avenir Suisse, 04.10.2017; Communiqué et rapport du Conseil fédéral; Bilan, 06.12.2017

 


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