Santé et sécurité au travail: une marge de progression en Suisse

 | Paru dans Entreprise romande  | Auteur : Lauren Hostettler
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La santé et la sécurité au travail contribuent à la qualité de l’emploi. C’est pourquoi des objectifs stratégiques peuvent être mis en place afi n d’assurer des conditions de travail saines et sécurisées.

La santé et la sécurité au travail (SST) sont des thématiques importantes qu’il faut savoir appliquer au sein d’une entreprise. Il en va de la responsabilité légale de l’employeur, mais également de l’image de l’entreprise. Pour ce faire, l’entreprise F4S (Fair 4 Safety SA) aide les entreprises dans des domaines à risques et celles comptant plus de cinquante collaborateurs. «Souvent, les grandes structures ont leur propre organisation. F4S y intervient pour des audits, du conseil ou des contrôles», indique Alain Meylan, directeur de F4S. «Pour de petites entreprises, une personne de contact est formée parmi les employés afi n d’organiser les mesures à prendre; un bilan annuel complète ses fonctions.» F4S propose deux solutions-types approuvées par la Commission fédérale de la coordination pour la sécurité au travail (CFST) ainsi que des solutions individuelles globales, adaptées aux besoins des clients. «Des mandats ponctuels, comme des ateliers ou des formations, font également partie de notre catalogue de services», ajoute Laurine Pitaval, chargée de relation clientèle. Ces compléments peuvent, par exemple, être des cours de premiers secours ou des interventions ergonomiques.

Réorganisation de l'entreprise

F4S est une entreprise créée en 2006 par la FER Genève. Son but est de mettre en oeuvre la Directive MSST 6508 auprès des entreprises, associations professionnelles et des membres de la FER Genève. En 2018, F4S rachète ERGOrama, entreprise fondée en 1995, après le départ de son président. «Nous avons gardé le nom ERGOrama comme marque des cours et des formations. Nous avons décidé de capitaliser sur ce nom qui est connu dans l’esprit des gens», annonce Alain Meylan. Composé d’une quinzaine de collaborateurs, F4S compte plusieurs chargés de sécurité. «Chacun est spécialisé dans un secteur. Par exemple, nous avons trois psychologues du travail, un ergonome et quatre spécialistes dans des dangers d’incendies. Ces compétences pluridisciplinaires nous permettent un déploiement de solutions larges», explique Alain Meylan. «Nous développons des pôles de compétences pour l’ensemble de la SST.» Parmi ces domaines, on trouve l’hôtellerie et les EMS, le bâtiment, les administrations publiques et parapubliques, le commerce ou l’industrie.

Situation en Suisse

La situation en Suisse peut être améliorée. «Il faut une impulsion de la direction pour pouvoir déployer une philosophie SST dans l’entreprise», remarque Alain Meylan. «La mise en place de la directive santé et sécurité au travail est souvent perçue comme coûteuse. Pourtant, un burn-out, le report des charges sur les autres employés ou un remplacement sont des coûts directs et indirects qui peuvent peser lourd.» Sans oublier que l’image de l’entreprise peut aussi être détériorée. «Le seul indicateur fi nancier est la hausse des primes accident.» La directive a évolué depuis sa rédaction en 1996. La SUVA mentionnait la santé et la sécurité au travail, mais les notions de santé étaient peu nombreuses. En 2007, la directive a ajouté la santé dans la liste des risques. «Aujourd’hui, les risques psycho- sociaux, comme l’absentéisme, le stress, le mobbing ou le harcèlement, font de plus en plus partie des risques pour les employés», complète Laurine Pitaval.


Conditions de travail dans le monde

Le 6 mai dernier, l’Eurofound et l’Organisation internationale du travail ont présenté une analyse comparative de la qualité de l’emploi. Cette étude a été réalisée sur environ 1,2 milliard de travailleurs, dans quarante et un pays. Le but est de fournir des informations en vue d’élaborer des solutions. Alors que les femmes continuent à gagner moins et à travailler plus que les hommes, la qualité de l’emploi dépend des secteurs et des lieux de travail. L’exposition à des risques physiques est présente dans tous les pays, les plus courants étant les mouvements répétitifs. De par le monde, 313 millions de travailleurs sont victimes d’accidents non mortels par année, ce qui fait 860 000 blessés par jour. L’OIT compte 6400 décès à la suite d’un accident professionnels par jour, ce qui vaut à 2,3 millions de décès par an.


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