Le slashing est-il le futur du travail?

 | Paru dans Entreprise Romande  | Auteur : AYMON Garance
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Né dans les années 2000, le slashing reste une notion peu connue du grand public. Dans le milieu cinématographique, le terme slasher désigne une catégorie spécifique de films d’horreur. Dans un contexte professionnel, sa définition est toute autre. Toute personne cumulant différentes activités est considérée comme slasheuse. Les causes de ce phénomène sociétal sont diverses, mais les observateurs s’accordent pour définir le slashing comme l’avenir du marché du travail.

Du jobsharing au slashing

Le slashing est le dernier né de tout ce qui est multi-tâches et multi-casquettes. On peut adopter ce mode de vie pour différentes raisons. Certains se mettent au slashing par nécessité financière - c’est souvent le cas dans le secteur artistique. D’autres acceptent plusieurs contrats par passion du renouveau. Pascale de Senarclens, co-directrice de Witty Innovation Lab et slasheuse, perçoit son mode de vie comme «une réelle philosophie qui offre un espace de liberté illimité». Il s’agit d’une nouvelle façon d’entreprendre et de développer sa créativité en s’émancipant des attentes d’un responsable hiérarchique.

Pour Irenka Krone-Germann, directrice de l’Association PTO (Part-time Optimisation), il est important de ne pas confondre le partage de poste, une tendance déjà bien implantée dans le monde professionnel, avec le slashing. Le premier désigne le partage d’un emploi à 100% entre deux ou trois personnes qui ont des responsabilités communes. Le partage de poste est un des facteurs qui ont permis au slashing de se développer.

Révolution professionnelle

Nous sommes face à la «quatrième révolution industrielle», remarque Irenka Krone- Germann. La société tend vers une diminution de l’offre de travail et vers une augmentation de la demande. Une problématique que l’initiative pour un revenu de base inconditionnel (RBI) avait ssoulevé l’été dernier et qui pourrait revenir à l’ordre du jour dans un avenir plus proche qu’on le croit, selon elle. «D’ici à quelques années, le travail à 100% n’existera plus», affirme Clément Drevo, Editorial Manager chez Lift Conference. «Il est important d’avoir plusieurs emplois pour subvenir à ses besoins, mais aussi pour faire les choses que l’on aime.» Il est nécessaire de prendre conscience de l’évolution de la société. Le marché du travail s’oriente vers de nouvelles structures hiérarchique, de plus en plus horizontales, que le système conservateur suisse peine à anticiper.

Selon Pascale de Senarclens, les entreprises ont tout intérêt à accepter et à encourager ce nouveau mode de travail. «Pour innover, il faut avoir des employés qui pratiquent différentes activités culturelles ou scientifiques. Cet état d’esprit slasher, qui mise sur l’épanouissement personnel, pourrait être intégré de façon positive au système entrepreneurial traditionnel.» Il s’agit d’une réforme du monde du travail que la Suisse se doit d’amorcer, comme l’entreprend déjà depuis cinq ans son voisin allemand.


 


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